Private equity et marchés privés : Investir dans l’économie réelle non cotée avec Trivium Patrimoine
Les marchés privés financent les entreprises, les infrastructures et l’immobilier en dehors de la Bourse. Longtemps réservés aux investisseurs institutionnels, ils sont devenus accessibles aux particuliers via de nouveaux véhicules et l’assurance-vie. Leur potentiel de performance a une contrepartie : un capital immobilisé pendant plusieurs années et un risque de perte réel.

Qu’est-ce que les marchés privés ?
Investir sur les marchés privés, c’est apporter des capitaux à des actifs qui ne sont pas cotés : prendre des participations dans des entreprises (private equity), leur prêter de l’argent (dette privée), financer des infrastructures ou participer à des opérations immobilières à plus fort potentiel. Pour un patrimoine privé, ces classes d’actifs offrent une diversification par rapport aux marchés cotés et, pour certaines, une fiscalité spécifique. Elles demandent en revanche de la patience, une sélection rigoureuse des gérants et une bonne compréhension de leur fonctionnement, très différent de celui d’un fonds classique.
Comment fonctionne un fonds de marchés privés ?
Appels de fonds, courbe en J, distributions : le fonctionnement d’un fonds non coté diffère profondément de celui d’un fonds classique.
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Vous vous engagez sur un montant, que le gérant appelle progressivement au fil de ses investissements. Sous l’effet des frais et du temps nécessaire pour faire fructifier les participations, la valeur baisse d’abord : c’est le creux de la courbe en J.
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Les entreprises se développent, les premières cessions interviennent et la courbe remonte. La performance d’un fonds s’apprécie sur toute sa durée de vie, jamais sur ses premières années.
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Les sommes sont restituées au fil des cessions, sous forme de distributions : c’est sur l’ensemble de ces flux que se mesure la performance du fonds.
Plus le carried interest, une part de la performance au-delà d’un rendement minimal.
Le taux de rendement interne tient compte du calendrier des appels et des distributions.
Sommes récupérées divisées par les sommes investies.
Toujours raisonner net de frais : fonds de fonds et assurance-vie ajoutent un niveau de frais supplémentaire.
Deux formes de fonds
- Le fonds fermé8 à 12 ansPrincipe Engagement appelé progressivement
La forme historique, à durée de vie déterminée. Les sommes appelées au fil des investissements sont restituées au fur et à mesure des cessions, sous forme de distributions.
- Le fonds evergreenSans durée fixePrincipe Sommes investies immédiatement
Dit aussi « semi-liquide » : souscriptions et rachats périodiques, plus simple à utiliser, notamment en assurance-vie. Les rachats restent encadrés et peuvent être plafonnés ou suspendus si les demandes sont trop nombreuses.
Les quatre grandes classes d’actifs
- Private equityRisque élevé · 8 à 12 ansPrincipe Prendre des participations au capital d’entreprises non cotéesSource de performance Croissance et transformation des entreprises, revente
Du capital-risque pour les jeunes sociétés innovantes au capital-développement et au capital-transmission (LBO) pour les entreprises matures. Les fonds secondaires rachètent des parts d’autres fonds en cours de vie, ce qui raccourcit la durée d’investissement.
- Dette privéeRisque modéré à élevé · 4 à 7 ansPrincipe Prêter aux entreprises hors du circuit bancaire et obligataireSource de performance Intérêts, souvent à taux variable
En plein essor depuis la crise financière, à mesure que les banques réduisaient leurs prêts aux entreprises de taille moyenne. Elle va du prêt senior, remboursé en priorité, à la dette mezzanine, plus risquée et mieux rémunérée.
- InfrastructureRisque modéré · 10 ans et plusPrincipe Financer des actifs essentiels : énergie, transport, télécoms, eau, santéSource de performance Revenus contractuels de long terme, souvent indexés sur l’inflation
Portée par d’importants besoins de financement, liés notamment à la transition énergétique et au numérique. Des revenus souvent prévisibles, mais une exposition aux risques réglementaires et de construction.
- Immobilier à haut rendementRisque élevé · 4 à 8 ansPrincipe Investir dans des opérations immobilières à valeur ajoutée ou opportunistesSource de performance Rénovation, repositionnement, développement et revente
Il vise des performances supérieures à celles de l’immobilier de rendement classique, en prenant un risque de développement, de travaux ou de commercialisation.
Comment y accéder en France ?
- VariableAssurance-vie et PERTous, selon les supports référencés
Fonds evergreen ou fermés en unités de compte : la porte d’entrée privilégiée.
- Quelques milliers d’eurosFCPI et FIPTous les investisseurs
Réduction d’impôt à l’entrée, désormais limitée à certains fonds.
- Quelques milliers d’eurosFCPRTous les investisseurs
Au moins 50 % de non coté ; exonération d’impôt sur le revenu après 5 ans pour les FCPR « fiscaux ».
- Parfois quelques milliers d’eurosELTIFTous, après évaluation du profil
Fonds européen de long terme, refondu en 2024 pour s’ouvrir aux particuliers.
- 100 000 € et plusFPCIProfessionnels ou souscriptions d’au moins 100 000 €
Règles d’investissement plus souples.
- Souvent 100 000 € et plusSCR, SLP et fonds pour holdingsHoldings et investisseurs avertis
Utilisés notamment pour le remploi après cession.
L’assurance-vie, porte d’entrée privilégiée. La loi Industrie verte de 2023 a favorisé l’intégration d’actifs non cotés dans les contrats d’assurance-vie et les PER, notamment dans les gestions pilotées. Les assureurs proposent désormais des unités de compte de private equity, de dette privée ou d’infrastructure, avec des tickets plus accessibles et la souplesse de l’enveloppe. La liquidité y reste toutefois encadrée par les règles du fonds sous-jacent.
Des produits complexes. Avant de vous proposer un investissement en non coté, votre conseiller doit vérifier qu’il correspond à vos connaissances, à votre expérience, à votre horizon de placement et à votre capacité à supporter une perte.
Quelle fiscalité pour les marchés privés en 2026 ?
La fiscalité dépend du véhicule et de l’enveloppe. Certains fonds bénéficient d’une exonération ou d’une réduction d’impôt, sous conditions de durée et de réinvestissement.
La fiscalité selon le véhicule
| Véhicule ou enveloppe | Fiscalité pour un particulier |
|---|---|
| FCPR et FPCI « fiscaux » en direct | Exonération d’impôt sur le revenu des gains après 5 ans de détention, sous condition de réinvestir les distributions ; prélèvements sociaux de 18,6 % |
| Fonds non fiscaux en direct (ELTIF, fonds étrangers…) | PFU de 31,4 % sur les gains, ou barème sur option |
| FCPI investis en jeunes entreprises innovantes | Réduction d’impôt de 30 % des versements, voire davantage ; gains exonérés d’impôt sur le revenu après 5 ans, prélèvements sociaux de 18,6 % |
| FIP Corse et Outre-mer | Réduction d’impôt de 30 % des versements, dans le plafond global des niches fiscales de 10 000 € |
| Assurance-vie | Fiscalité de l’assurance-vie, avec des prélèvements sociaux de 17,2 % |
| PER | Déduction des versements à l’entrée, fiscalité du PER à la sortie |
Ce qui a changé en 2026
Depuis le 21 février 2026, les FCPI classiques n’ouvrent plus droit à aucune réduction d’impôt : seuls les fonds investis dans des jeunes entreprises innovantes en bénéficient. Les FIP métropolitains classiques ne donnent plus droit à réduction. Par ailleurs, les gains de private equity détenus en direct supportent désormais 18,6 % de prélèvements sociaux, contre 17,2 % dans l’assurance-vie.
Après une cession d’entreprise
Les dirigeants qui ont apporté leurs titres à une holding avant de les céder doivent réinvestir une partie du prix dans des activités économiques pour conserver le report d’imposition de leur plus-value (article 150-0 B ter du CGI). Certains fonds de capital-investissement (FCPR, FPCI, SLP, SCR) permettent ce réinvestissement, à condition de respecter des quotas précis.
Depuis la loi de finances pour 2026, pour les cessions réalisées depuis fin février 2026, la part à réinvestir est portée à 70 %, le délai à 3 ans, la durée de conservation à 5 ans, et les activités immobilières sont exclues. L’éligibilité de chaque fonds doit être vérifiée auprès de la société de gestion.
Pour une holding à l’impôt sur les sociétés
Les parts de FCPR et FPCI détenues par une société à l’IS bénéficient, sous conditions, d’un régime de taxation réduit des plus-values à long terme. Les autres fonds peuvent en revanche être imposés chaque année sur la variation de leur valeur, même sans cession. Ces avantages se combinent avec les autres leviers d’optimisation fiscale.
Les risques et comment sélectionner un fonds
Le non coté offre un potentiel de performance, mais ses risques sont spécifiques et la sélection du gérant est déterminante.
Les principaux risques
- La perte en capital Les entreprises financées peuvent échouer, et la dette peut ne pas être remboursée. Aucune performance n’est garantie.
- L’illiquidité Dans un fonds fermé, l’argent est bloqué pendant toute la durée de vie du fonds, souvent 8 à 12 ans, prorogeable. Dans un fonds evergreen, les rachats peuvent être plafonnés ou suspendus.
- La valorisation Les actifs non cotés sont valorisés périodiquement, selon des méthodes qui comportent une part d’appréciation. La valeur affichée peut ne pas refléter le prix de cession réel.
- La dispersion des gérants L’écart de performance entre les meilleurs et les moins bons gérants est bien plus important que sur les marchés cotés. La sélection est déterminante.
- Les frais Leur empilement peut absorber une part importante de la performance.
La grille d’analyse
- L’expérience et l’historique de l’équipe de gestion, sur plusieurs fonds et plusieurs cycles
- La stratégie, le secteur, la zone géographique et le stade d’investissement
- La cohérence entre la liquidité du fonds et celle de ses actifs, pour les fonds evergreen
- L’ensemble des frais, y compris le carried interest et les frais du contrat d’assurance-vie
- L’engagement du gérant dans son propre fonds
- La qualité de l’information transmise aux investisseurs
Diversifier dans le temps. Investir régulièrement, sur plusieurs années de création de fonds (les « millésimes »), permet de lisser l’effet des cycles économiques et de constituer progressivement un portefeuille dont les distributions peuvent finir par financer les nouveaux engagements.
Pour qui les marchés privés sont-ils adaptés ?
Les marchés privés s’adressent à des investisseurs qui :
- Patrimoine diversifié disposent déjà d’une épargne de précaution et d’un patrimoine financier diversifié
- Horizon long peuvent immobiliser une partie de leur capital sur 5 à 12 ans selon les véhicules
- Tolérance au risque acceptent un risque de perte en contrepartie d’un potentiel de performance
- Diversification recherchent une diversification par rapport aux marchés cotés
- Économie réelle souhaitent, pour certains, financer l’économie réelle et la transition énergétique
Particulièrement pertinents pour
- Les dirigeants cédants qui doivent réinvestir une partie du prix de cession dans le cadre de l’apport-cession
- Les épargnants en assurance-vie ou PER qui peuvent y loger une poche de non coté avec une fiscalité avantageuse
- Les holdings patrimoniales qui disposent de trésorerie à placer sur un horizon long
La part consacrée aux marchés privés doit rester proportionnée à votre patrimoine global et à vos besoins de liquidité futurs.
Notre accompagnement chez Trivium Patrimoine
Les marchés privés exigent méthode et sélection. Nous vous accompagnons à chaque étape, en toute transparence sur nos rémunérations.
- Une analyse de votre situation
Pour définir la place des marchés privés dans votre patrimoine, la part à y consacrer et l’horizon adapté.
- Le choix des classes d’actifs et des véhicules
Private equity, dette privée, infrastructure ou immobilier, en direct, en assurance-vie, en PER ou via votre holding.
- Une sélection indépendante des fonds
Fondée sur l’analyse de l’historique des gérants, de leur stratégie, de leurs frais et de leur liquidité.
- Une construction progressive du portefeuille
Sur plusieurs millésimes et plusieurs stratégies, pour lisser les cycles.
- L’accompagnement des dirigeants cédants
Dans le cadre du remploi après cession, en lien avec votre avocat et votre expert-comptable, ou un professionnel que nous vous recommandons.
Qu’est-ce que le private equity ?
C’est l’investissement au capital d’entreprises non cotées, pour accompagner leur création, leur développement ou leur transmission, avant de revendre la participation après plusieurs années.
Combien de temps mon argent est-il bloqué ?
Dans un fonds fermé, généralement 8 à 12 ans. Les fonds evergreen et les supports logés en assurance-vie offrent plus de souplesse, mais leur liquidité reste encadrée et peut être suspendue.
Peut-on investir en private equity avec un petit montant ?
Oui, via les FCPR, les FCPI, les ELTIF ou les unités de compte non cotées de certains contrats d’assurance-vie et PER, accessibles dès quelques milliers d’euros.
Les FCPI donnent-ils encore droit à une réduction d’impôt ?
Depuis le 21 février 2026, uniquement les FCPI investis dans des jeunes entreprises innovantes, avec une réduction d’au moins 30 %. Les FCPI classiques et les FIP métropolitains n’y ouvrent plus droit, contrairement aux FIP Corse et Outre-mer.
Quelle différence entre private equity et dette privée ?
Le private equity prend une participation au capital, avec un potentiel de gain plus élevé et un risque plus important. La dette privée prête de l’argent contre des intérêts, avec un rendement plus prévisible et un risque moindre.
Peut-on réinvestir en private equity après une cession d’entreprise ?
Oui. Certains fonds permettent de respecter l’obligation de réinvestissement de l’apport-cession, dont les conditions ont été durcies par la loi de finances pour 2026.
Règles fiscales en vigueur au 1er janvier 2026, données à titre informatif. Elles ne constituent pas un conseil personnalisé et sont susceptibles d’évoluer.