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Épargne 9 octobre 2026

Livret A à 1,70 % : une bonne nouvelle qui n’en est pas vraiment une

Livret A à 1,70 % depuis le 1er août 2026 : rendement réel sur l’année, inflation, LDDS, LEP, CEL et compte à terme. Ce que la hausse change vraiment pour votre épargne.

Le 1er août 2026, le taux du Livret A est passé de 1,50 % à 1,70 %. Beaucoup de Français y ont vu une bonne nouvelle, et c’est compréhensible : après trois baisses successives depuis février 2025, c’est la première fois que le taux remonte depuis 2023. Mais avant de vous réjouir, prenons deux minutes pour regarder ce que cela représente vraiment.

Taux du Livret A 2026 : ce que la hausse change vraiment

Prenons un exemple simple. Si vous avez 7 500 € sur votre Livret A, cette hausse de 0,20 % vous rapportera environ 6 € de plus en 2026, puisqu’elle ne joue que sur les cinq derniers mois de l’année, d’août à décembre. Six euros. Pas de quoi changer une vie, mais cela permet déjà de comprendre l’ordre de grandeur dont nous parlons.

Le vrai sujet n’est d’ailleurs pas le taux d’août, c’est le rendement du Livret A sur toute l’année 2026. Le taux était de 1,70 % en janvier, de 1,50 % de février à juillet, puis de nouveau de 1,70 % depuis août : pour une somme restée sur le livret toute l’année, la moyenne annuelle ressort donc à 1,60 %, contre 2,16 % en 2025. Autrement dit, sur l’ensemble de l’année, votre argent rapporte moins qu’en 2025, malgré la hausse du mois d’août.

Inflation : le rendement réel du Livret A

Et il y a un deuxième élément à prendre en compte, souvent oublié : l’inflation. Si les prix augmentent de 2 % sur un an, une hypothèse retenue ici à titre d’illustration, et que votre épargne ne rapporte que 1,60 %, vous perdez en réalité un peu de pouvoir d’achat, même si le chiffre affiché sur votre relevé bancaire augmente. C’est ce qu’on appelle un rendement réel négatif. Concrètement, vous pouvez acheter un peu moins de choses avec cet argent l’année suivante, malgré les intérêts perçus.

Le Livret A, l’outil de l’épargne de précaution

Faut-il pour autant fuir le Livret A ? Non, surtout pas. Il reste l’un des meilleurs outils pour une chose précise : votre épargne de précaution, celle que vous voulez pouvoir récupérer rapidement en cas de coup dur, sans risque de perdre un centime et sans payer d’impôt ni de prélèvements sociaux sur les intérêts. C’est exactement à cela qu’il sert, et il le fait très bien.

LDDS, LEP, CEL : les autres livrets réglementés

Le Livret A n’est pas seul dans cette famille des livrets réglementés. Il existe trois autres cousins, moins connus mais tout aussi utiles pour la partie « sécurité » de votre épargne.

  • Le LDDS (livret de développement durable et solidaire) suit exactement le même taux que le Livret A, 1,70 %, avec un plafond plus bas : 12 000 €, contre 22 950 € pour le Livret A. Ses intérêts sont, eux aussi, exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux.
  • Le LEP (livret d’épargne populaire), réservé aux revenus modestes sous conditions de ressources, est nettement plus généreux à 2,50 %, pour un plafond de 10 000 €. Ses intérêts sont exonérés.
  • Le CEL (compte épargne logement) rapporte 1,25 % depuis le 1er août 2026, pour un plafond de 15 300 €, avec la possibilité d’ouvrir des droits à un prêt immobilier. Attention à sa fiscalité : les intérêts d’un CEL ouvert depuis le 1er janvier 2018 sont imposables (prélèvement forfaitaire de 30 %), et ceux d’un CEL plus ancien restent soumis aux prélèvements sociaux.

En cumulant Livret A, LDDS et CEL, un épargnant qui n’est pas éligible au LEP peut donc placer un peu plus de 50 000 € sur des livrets réglementés disponibles à tout moment, dont près de 35 000 € (Livret A et LDDS) totalement exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux.

Quel montant garder en épargne de précaution ?

Ce plafond d’environ 50 000 €, bien que confortable, ne constitue pas pour autant un objectif à atteindre. Pour la grande majorité des ménages, une épargne de précaution suffisante correspond plutôt à trois à six mois de dépenses courantes, ce qui représente le plus souvent quelques milliers d’euros, rarement plus de 15 000 à 30 000 €.

Autrement dit, si vos livrets affichent 40 000 ou 50 000 €, il y a de bonnes chances qu’une partie de cette somme ne soit plus vraiment de l’épargne de précaution, mais simplement de l’argent resté là par habitude, faute d’avoir pris le temps de se poser la question. La vraie question ne commence donc pas au plafond des livrets, mais souvent bien avant : dès que le montant placé dépasse ce dont vous auriez réellement besoin en cas de coup dur.

Le compte à terme : un taux garanti, mais une épargne bloquée

Beaucoup de gens se tournent alors, presque par réflexe, vers d’autres livrets ou comptes rémunérés, comme le compte à terme, ou CAT. Le principe est simple : vous bloquez une somme pendant une durée fixée à l’avance, en échange d’un taux garanti dès la souscription, qui varie selon la durée et l’établissement. Le taux affiché est souvent un cran au-dessus de celui des livrets réglementés, et le capital reste garanti.

Mais deux détails changent complètement la donne par rapport à un Livret A. D’abord, contrairement aux livrets réglementés, les intérêts d’un CAT sont imposables : depuis le 1er janvier 2026, ils supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux). Un taux affiché de 3 % brut se transforme ainsi en un peu plus de 2 % net. Ce calcul peut varier selon votre situation : vous pouvez notamment opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu s’il vous est plus favorable. Ensuite, et c’est souvent le point qui surprend le plus, l’argent est en général bloqué jusqu’au terme : un retrait anticipé fait perdre tout ou partie des intérêts, selon les conditions du contrat.

Le CAT n’est donc ni un mauvais produit, ni une solution miracle. C’est un outil utile pour une somme dont vous connaissez précisément la date d’utilisation, un an ou deux à l’avance, et que vous êtes certain de ne pas devoir récupérer avant. Pour un capital qui dépasse votre épargne de précaution sans avoir de date d’échéance précise, d’autres solutions, comme l’assurance-vie ou le contrat de capitalisation, permettent d’aller chercher un potentiel de performance supérieur tout en gardant, selon les supports choisis, une vraie souplesse d’utilisation. Le bon choix dépend de votre horizon de placement, de la disponibilité souhaitée, de votre fiscalité et de votre situation personnelle.

Au-delà des livrets : faire le point avec un conseiller

Une fois l’épargne de précaution constituée, se tourner vers l’accompagnement d’un conseiller en gestion de patrimoine prend tout son sens. Chez Trivium Patrimoine, c’est le travail que nous faisons avec nos clients, à Bordeaux, à Paris ou en visioconférence : faire le point sur ce qui doit rester disponible et sécurisé sur des livrets, et sur ce qui, au-delà, mérite une véritable stratégie de placement adaptée à votre situation, à vos projets et à votre horizon de temps.

Si vos livrets affichent aujourd’hui un montant supérieur à ce dont vous auriez réellement besoin en cas d’imprévu, un point avec notre cabinet vous permettra d’y voir clair et de mettre votre argent au travail, sans engagement de votre part.

Taux et règles fiscales en vigueur au 9 octobre 2026, donnés à titre informatif. Ils ne constituent pas un conseil personnalisé.

L'auteur Corentin Grellier Fondateur de Trivium Patrimoine, conseiller en gestion de patrimoine à Bordeaux et à Paris Voir son profil LinkedIn
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